LOT N° : 110
DESCRIPTION :
École Française du XVIIIe siècle, d'après Etienne JEAURAT (1699-1789)
Scène de marché sur la place Maubert
Huile sur toile.
129 x 190 cm
(Accidents et restaurations)
Provenance : Collection particulière, Biarritz.
Œuvre en rapport : Musée Carnavalet, Paris, inv. n° G.36545.
Bibliographie:
- Mercure de France, juillet...
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ESTIMATION : 600 € - 800 €
DATE ET LIEU DE LA VENTE :
MAISON DE VENTE
8, Rue Dominique Larréa 64500 SAINT-JEAN-DE-LUZ
Vendredi 13 mars 2026 à 14:00
DESCRIPTION DÉTAILLÉE
École Française du XVIIIe siècle, d'après Etienne JEAURAT (1699-1789)
Scène de marché sur la place Maubert
Huile sur toile.
129 x 190 cm
(Accidents et restaurations)
Provenance : Collection particulière, Biarritz.
Œuvre en rapport : Musée Carnavalet, Paris, inv. n° G.36545.
Bibliographie:
- Mercure de France, juillet 1753, p. 167.
- J. LECOFFRE & Cie, La Semaine des familles : revue universelle illustrée, Paris, 1879, p. 594.
- E. DACIER, La gravure de genre et de mœurs : la gravure en France au XVIIIe siècle, Paris, Van Oest, 1925, p.25, pl. 62 (reproduction de la gravure).
- J.SEZNEC, J. ADHÉMAR, Diderot - Salons, Oxford, 1957, p. 205.
Considéré par Diderot comme le peintre du genre "poissard", Etienne Jeaurat est l'un des noms illustres de la vie parisienne. Formé auprès de Nicolas Vleughels (1668-1737), sa renommée est des plus cocasses. Raillé par ses contemporains, il est néanmoins reconnu comme un peintre d'Histoire par le Mercure de France. Le Mercure même qui, en 1753, souligne le sujet de notre tableau comme l'expression pour le "le goût des sujets bas et ignobles (...)". Diderot, dans ses comptes-rendus du Salon de 1763, le présentait quant à lui comme "le Vadé de la peinture" qui "connaissait les scènes de la place Maubert et des halles, les enlèvements de filles, les déménagements furtifs, les disputes des harengères et crieuses de vieux chapeaux". Emile Dacier, bibliothécaire et historien de l'art, précise même que la place Maubert de Jeaurat est "le sujet le plus anodin" jamais vu auparavant.
Sujet poissard par excellence, on peut assister ici à toute l'excitation populaire d'un marché au XVIIIe siècle. Sa construction linéaire, digne d'un Greuze, représentant tant à la fois les querelles des maraîchères aux prédictions populaires des montreurs d'images. Traités à la manière des flamands, les visages des personnages sont le témoignage d'un style encore en vogue sous le règne de Louis XV, comme le Mercure le souligne dans les pages citées ci-dessus.
Apprécié pour ses compositions populaires, Jeaurat décède le 14 décembre 1789, dans les fonctions de garde des tableaux du Roi. Il bénéficiera d'un éloge posthume par la Gazette Nationale qui souligne son talent à "composer des pièces fugitives pleines de gaieté, amusantes pour sa société et consolantes pour lui dans des moments de privation et de souffrances".